Pacte – Thèmes – Agriculture et Alimentation

Il existe encore aujourd’hui une croyance forte selon laquelle l’agriculture industrielle est la seule capable de fournir suffisamment de nourriture pour nourrir la population mondiale. C’est oublier que nous produisons sur Terre de quoi nourrir 12 milliard d’individus et que près de la moitié de cette production est jetée sans être consommée (produits non calibrés, invendus, périmés, non consommés). 

De ce fait, la majorité des émissions de gaz à effet de serre liées aux déchets en France sont dues au traitement des déchets alimentaires (émission de méthane des décharges, gaspillages d’énergie liés à l’incinération de déchets humides). Chaque tonne de nourriture gaspillée dans les pays développés émet en moyenne 4,3 tonnes de gaz à effet de serre.

L’ agriculture agro-industrielle montre aujourd’hui clairement ses limites:

  • Pollution des sols et des nappes phréatiques (en 2011, 93% des cours d’eau français étaient contaminés par les pesticides)
  • Destruction de la biodiversité et de la fertilité des sols
  • Contribution au changement climatique: l’agriculture est à l’origine de 21% des émissions de gaz à effet de serre française 
  • Elle présente une grande dépendance au pétrole, et la coûteuse industrialisation de la production a pour conséquence une grande dépendance aux subventions et aides publiques.

Aux problématiques de l’agriculture conventionnelle s’ajoutent celle de l’élevage et de notre consommation de viande. Sur la planète, 70% des terres agricoles sont destinées à nourrir les animaux : cette pression sur les terres se traduit par de nombreux conflits fonciers (accaparement des terres) et une déforestation importante. Selon le dernier rapport du GIEC, manger moins de viande serait un des moyens les plus efficaces pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur agricole. Les régimes alimentaires équilibrés riches en aliments d’origine végétale tels que les céréales secondaires, les légumineuses, les fruits et les légumes, et les aliments d’origine animale produits de façon durable dans des systèmes à faibles émissions de gaz à effet de serre offrent de bonnes possibilités d’adaptation aux changements climatiques et de limitation de ces changements. 

Selon la FAO (Organisation des Nations Unis  pour l’alimentation et l’Agriculture), l’agriculture biologique est tout à fait capable de nourrir l’ensemble de la planète. Elle est moins dépendante des énergie fossile et protège les écosystèmes. De nombreuses solutions existent pour reconstruire une agriculture durable et relocaliser la production alimentaire sur nos territoire.

  • Cultiver la souveraineté alimentaire en relocalisant l’essentiel de la nourriture consommée
  • Généraliser une agriculture sobre en énergie et les systèmes nourriciers respectueux de l’environnement ou encore inspirés de la permaculture
  • Développer l’agroforesterie
  • Soutenir et développer les circuit-court par la création de filières locales, bio et solidaires
  • Accompagner l’installation des nouveaux agriculteurs et de ce fait participer à l’accroissement de la population d’agriculteurs.
  • Développer l’agriculture urbaine
  • Convertir les cantines à l’alimentation biologique et moins carnée.

Pour accompagner la mise en place de ces projets, la loi d’avenir pour l’agriculture et l’alimentation du 13 octobre 2014 a mis en place le “projet alimentaire territorial” (PAT). Ce dispositif vise à “fédérer les différents acteurs d’un territoire autour de la question de l’alimentation” et peut mettre en oeuvre des actions variées: espace-test agricole, développement des ceintures maraîchères, soutien aux filières économiques locales, etc…

L’agriculture et l’alimentation sont des maillons indispensables de la construction d’une société en phase avec les défis actuels. Elles interrogent nos modes de consommation, contribuent à préserver et améliorer notre santé, permettent de (re)tisser des liens d’entraide et de solidarité.

 

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